venda de armas

Fincantieri propose ses navires à l’Iran et à l’Irak ainsi qu’à l’Arabie Saoudite et au Qatar….
Fincantieri est le Machiavel des temps modernes de l’armement. Le chantier naval italien est prêt à vendre des bâtiments militaires et/ou civils à des pays ennemis. Ainsi, le futur actionnaire de STX France aurait l’intention de vendre des navires de guerre à l’Irak tout en proposant une alliance aux Iraniens dans la construction de navires civils de grand tonnage. C ‘est aussi le cas au Qatar et… en Arabie Saoudite où Fincantieri, tout comme d’ailleurs Naval Group et bien d’autres, a récemment proposé la vente de navires de guerre aux deux pays.

Fincantieri mise sur l’Iran et… l’Irak

En Irak, le chantier naval italien a réglé un vieux contentieux de plus de 20 ans avec Bagdad portant sur la livraison de deux corvettes, qui étaient bloquées depuis la première Guerre du Golfe en 1990, la “Mussa ben Nassair” et la “Tariq Ibn Ziad”. Après avoir été remises en état pendant trois ans à La Spezia, fief de Fincantieri, les deux corvettes italiennes sont arrivées le 4 juillet dernier à Umm Qasr, une ville portuaire de la province de Bassorah. Pour Fincantieri, le règlement de cette vieille histoire pourrait rouvrir la voie à des prospections commerciales italiennes dans le naval en Irak. Mais la partie risque d’être compliquée (trop peut-être) à jouer.
Pourquoi? Parce qu’en parallèle Fincantieri, qui veut se développer en Iran, a jeté en janvier dernier les bases d’une alliance avec les Mollahs. Le groupe italien projette de construire en Iran des navires civils de grand tonnage. Le 8 décembre 2016, une délégation du chantier italien a noué un partenariat avec IDRO (Industrial Development & Renovation Organization of Iran), un puissant conglomérat industriel présidé par Mansour Moazami, également ministre de l’Industrie. Dans la foulée, lors de la visite fin janvier à Rome du président iranien Hassan Rohani, un accord de coopération a été signé entre Fincantieri et Azim Gostaresh Hormoz Shipbuilding Industry, qui appartient à IDRO. Des accords qui s’élèvent à 100 millions d’euros environ. La filiale du groupe italien, le motoriste Isotta Fraschini Motori doit notamment fournir 600 moteurs à Arka Tejarat Queshm.
Enfin, une frégate italienne anti-sous-marine de la classe Maestrale, a participé en septembre 2016 à un exercice naval dans le détroit d’Ormuz avec deux navires iraniens, les frégates Alvand et Alborz. La frégate Euro (F-575) a donc été le premier navire de guerre italien à participer à de telles manœuvres en Iran depuis 1999.

Fincantieri propose à Ryad et vend à Doha

Fincantieri et l’électronicien Leonardo ont signé en juin 2016 un protocole d’accord avec le Qatar pour la vente de sept navires de guerre. Une commande estimée à 5 milliards d’euros. Fin juin, la Commission des garanties bancaires italienne a validé le schéma de prêt au Qatar pour le financement des bâtiments, selon nos informations. Or, la signature du contrat attendue fin juillet, s’inscrit toutefois dans un contexte de révélations sur la razzia qatarie en Italie et de dossiers douteux que la presse italienne a récemment dévoilés.
Une fois le projet naval qatari verrouillé en juin 2016, la ministre de la Défense italienne, Roberta Pinotti, s’est rendue début octobre en Arabie saoudite, avec une proposition de vente de corvettes censée concurrencer un projet espagnol de quatre corvettes. Si ce projet n’a finalement pas abouti, Fincantieri devrait récupérer de la charge de travail en Arabie Saoudite grâce au programme MMCS (quatre frégates LCS de la classe Freedom) récemment conclu entre Ryad et Washington (11,5 milliards de dollars). Le chantier italien est un partenaire de Lockheed Martin sur ce programme de LCS. Comme le dit un proverbe latin, “non olet” (“l’argent n’a pas d’odeur“)…

 

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