L’ENTREPRISE COMME MODÈLE DE SOCIÉTÉ, par François Leclerc

La mauvaise réputation des banques n’est plus à faire. Partie immergée d’un système financier aux acteurs et aux mécanismes méconnus, elles ont été chargées de tous les péchés et vouées à toutes les vindictes, détournant l’attention d’un vaste monde dont le caractère profondément systémique a été découvert, laissant les régulateurs désarmés. En découle la certitude qu’une prochaine crise va immanquablement survenir, associée à l’incapacité de prédire quand et comment.
L’omniprésente référence au marché, cette entité abstraite et anonyme, est une commodité de langage qui occulte la compréhension de ce qui se passe en son sein, et pour tout dire représente une véritable abdication : elle évite d’identifier ses acteurs, les investisseurs dont les décisions sont à l’origine de son comportement, ainsi que leurs motivations. Mais l’ignorance ne s’arrête pas là. Certes, nous connaissons les établissements systémiques dont la liste est dressée par le Conseil de stabilité financière, qui ne comporte que trente noms, ce qui exprime selon cette vision leur extrême concentration. Étroitement interconnecté à ceux-ci, le monde du shadow bankingest par contre rarement évoqué avec discernement, au prétexte qu’il est dans l’ombre. Mais d’autres grands absents manquent encore sur la liste des gros investisseurs financiers, pourtant parfaitement identifiés, qui font le marché : ce sont les entreprises mondiales non financières dont la surface donne droit à une entrée au grand casino. Tout ce monde bouillonne comme lorsque l’on jette un bout de poisson à des piranhas.(…) Blogue de P.J.

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